Après la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale (Fed), le marché a rapidement réagi en le qualifiant d’« hawkish » et a entraîné une volatilité des prix des actifs. Cependant, l’analyste d’Evercore ISI Krishna Guha souligne que Warsh n’est peut-être pas aussi dur que l’on pourrait le penser, et que cette inversion des attentes politiques pourrait nécessiter une réévaluation.
(Contexte préalable : Donald Trump nomme Kevin Warsh, président de la Fed, et parle du Bitcoin : ce n’est pas un substitut au dollar, mais un « inspecteur » de la politique monétaire)
(Complément d’information : 10x Research met en garde : si Kevin Warsh prend la tête de la Fed, cela pourrait être défavorable au Bitcoin)
Sommaire
Après la nomination de Kevin Warsh par le président américain Donald Trump à la tête de la Réserve fédérale (Fed), le marché a rapidement adopté une réaction typique « hawkish ». Cependant, Krishna Guha, vice-président d’Evercore ISI, propose une perspective différente, estimant que le marché pourrait avoir trop interprété la position politique de Warsh. Guha indique que Warsh n’est peut-être pas le dur « hawk » que l’on imagine, mais plutôt un décideur pragmatique et équilibré.
Walter Bloomberg a indiqué aujourd’hui (12) via la plateforme X qu’après l’annonce de la nomination de Warsh, les rendements des obligations américaines ont augmenté et le prix de l’or a chuté, ce qui reflète une anticipation du marché selon laquelle le nouveau président pourrait adopter une position plus stricte contre l’inflation, voire accélérer la réduction du bilan de la Fed.
Cette réaction traduit l’inquiétude des investisseurs face à un « tournant hawkish » de la politique. Étant donné que Warsh a été précédemment étiqueté comme un dur en matière d’inflation, le marché a naturellement pensé à un environnement de politique monétaire plus restrictive. Cependant, Guha pense que cette volatilité des prix pourrait reposer sur une impression trop simplifiée.
WARSH NE SERAIT PAS LE HAWK DE LA FED QUE LE MARCHÉ IMAGINE
La réputation de Kevin Warsh comme dur en matière d’inflation pourrait être exagérée, selon Krishna Guha d’Evercore ISI. Bien que sa nomination ait initialement fait monter les rendements et baisser l’or, Guha affirme que Warsh est plutôt un pragmatique… pic.twitter.com/JZHiCpIS7n
— *Walter Bloomberg (@DeItaone) 12 février 2026
Krishna Guha insiste sur le fait que l’image hawkish de Warsh pourrait être amplifiée par le marché. Il souligne que Warsh privilégie une approche qui distingue la source de l’inflation plutôt que d’adopter une politique de resserrement généralisé.
Particulièrement dans le contexte actuel, si l’inflation provient d’un assouplissement des contraintes d’offre, par exemple avec la diffusion de l’intelligence artificielle (IA) et l’amélioration de la productivité, Warsh pourrait faire preuve d’une plus grande flexibilité politique. Ces facteurs d’offre peuvent en effet contribuer à atténuer la pression sur les prix, réduisant ainsi la nécessité pour la Fed d’augmenter fortement les taux ou de réduire rapidement son bilan.
En d’autres termes, Warsh ne serait pas un opposant mécanique à l’inflation, mais plutôt un décideur qui prête attention à la structure de l’inflation et aux fondamentaux économiques.
Warsh prône depuis longtemps la réduction du bilan de la Fed, estimant qu’un bilan excessivement gonflé nuit à la stabilité économique à long terme. Cependant, Guha indique que soutenir la réduction ne signifie pas nécessairement pousser à un resserrement brutal.
Selon lui, Warsh serait plus susceptible d’adopter une approche progressive et prévisible pour éviter une volatilité excessive du marché et préserver la crédibilité de la politique. Cela implique que, même si la direction de la politique tend vers la normalisation, le processus sera axé sur la stabilité et la communication, plutôt que sur un changement brusque.
Dans le contexte actuel, l’indépendance de la Fed est particulièrement scrutée. Guha prévoit qu’en dépit du changement de président, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) maintiendra sa tradition de prise de décision par consensus.
Le système de la Fed, conçu pour privilégier le jugement collectif et l’indépendance institutionnelle, contribue à éviter que la politique ne soit dictée par le style personnel d’un président. Ainsi, même si Warsh prend la tête, sa politique devra s’inscrire dans le cadre du consensus du FOMC.
Dans l’ensemble, l’analyse de Krishna Guha offre une perspective différente : Kevin Warsh n’est peut-être pas le dur hawk que l’on imagine, mais plutôt un décideur cherchant à équilibrer croissance économique et contrôle de l’inflation.
Si cette vision s’avère correcte, cela invite les investisseurs à réexaminer la source de l’inflation, le rythme de la politique et le cadre institutionnel de la Fed, afin d’éclairer plus rationnellement la future orientation de la politique monétaire.
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