Le président américain Trump a annoncé ce matin qu’il ramenait les droits de douane sur les importations sud-coréennes de 15 % à 25 %, accusant Séoul de ne pas avoir respecté ses engagements d’investissement de 350 milliards de dollars. Le ministre sud-coréen du Commerce, Kim Jae-kwan, s’est précipité en urgence aux États-Unis pour tenter de calmer la situation.
(Précédent contexte : Les États-Unis ont confirmé une réduction des droits de douane à 15 % pour Taïwan, et des rumeurs circulent sur un investissement supplémentaire de plusieurs billions de dollars de TSMC pour construire cinq nouvelles usines aux États-Unis)
(Informations complémentaires : Le fonds de pension danois a annoncé qu’il liquiderait ses obligations américaines ! Le directeur des investissements : Trump détériore la crédibilité des États-Unis, la situation financière est « insoutenable »)
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Ce matin (27), le président américain Trump a lancé une bombe sur sa plateforme Truth Social, qualifiant le Congrès sud-coréen de « bureaucrates dilatoires » et annonçant immédiatement le relèvement des droits de douane sur les voitures, pièces détachées, bois et médicaments importés de Corée du Sud, passant de 15 % à 25 %, mettant fin à la période de lune de miel entre Washington et Séoul qui n’avait duré que quelques mois.
Dans son message, Trump a écrit sans détour :
Nous avons offert à la Corée du Sud des avantages considérables, leur permettant de se tenir au même niveau que le Japon.
Et alors ? Ils ont pris la remise, mais ont refusé de respecter leurs engagements d’investissement. Le Congrès n’approuve pas ? C’est votre problème, pas le mien. Les droits de douane passent à 25 %, et cela prend effet immédiatement !
Après cette annonce, le ministre sud-coréen du Commerce, Kim Jae-kwan, qui était en visite au Canada, a dû, comme un pompier, changer rapidement son billet pour Washington, tentant d’obtenir une rencontre avec le ministre du Commerce, Lighthizer, devant son bureau.
Pour comprendre cette tempête, il faut remonter six mois en arrière. En juillet 2025, le président sud-coréen Lee Jae-myung a signé un accord coûteux pour permettre à Hyundai et Kia de survivre sur le marché américain.
Dans cette structure d’accord : les États-Unis ont réduit les droits de 25 % à 15 %, offrant aux constructeurs automobiles sud-coréens un traitement égal à celui de leurs concurrents japonais ; en échange, la Corée s’était engagée à investir 350 milliards de dollars aux États-Unis.
Cet argent ne servait pas seulement à construire des usines. Selon les données de Global Trade Alert, jusqu’à 200 milliards de dollars de cet investissement étaient en cash. À l’époque, cet accord représentait déjà un lourd fardeau pour les conglomérats sud-coréens.
Aujourd’hui, il semble que le gouvernement Lee Jae-myung ait surestimé son contrôle sur le Congrès. La loi est restée inerte dans le parlement de Yeouido, à Séoul, pendant trois mois. Pour Trump, qui prône la « satisfaction immédiate », cela équivaut à une violation de contrat.
Le moment choisi par Trump pour agir a précisément ciblé la gorge de la Corée. Le won a atteint son plus bas niveau depuis la crise financière de 2008. À ce moment critique, si la Corée veut honorer ses engagements envers les États-Unis en transférant des centaines de milliards de dollars à l’étranger, c’est comme si elle portait une nouvelle blessure sur une plaie déjà saignante.
Selon l’analyse du Seoul Economic Daily, le ministère sud-coréen des Finances a indiqué vouloir repousser ses plans d’investissement à la seconde moitié de 2026, car il n’ose pas laisser partir des capitaux à ce moment précis. Mais Trump ne se laisse pas convaincre. Pour lui, ce n’est pas une difficulté économique, c’est un manque de sincérité.
L’industrie automobile sud-coréenne contribue à 27 % des exportations vers les États-Unis. Si les droits de douane repassent à 25 %, la compétitivité prix face aux voitures japonaises pourrait disparaître instantanément.
Cela montre encore une fois : à l’ère Trump 2.0, il n’y a pas de « transactions » terminées. Tous les accords sont à « taux variable ». La réduction des droits de douane que vous obtenez aujourd’hui peut être révoquée demain, à cause d’un retard au Congrès ou d’une dévaluation monétaire.
Pour l’instant, tous les regards sont tournés vers la rencontre entre Kim Jae-kwan et Lighthizer, pour voir si un tournant se produira. Cependant, Trump a déjà prouvé qu’il était prêt à rompre ses alliances à tout moment pour « privilégier l’Amérique ». Pour les pays qui pensent pouvoir signer un traité et s’en croire à l’abri, la panique de Séoul en ce moment est la plus brutale des mises en garde.