La Corée du Sud a modifié ses lois sur les marchés des capitaux pour reconnaître les titres tokenisés comme des produits financiers réglementés sous la supervision de la FSC.
Les émetteurs et les intermédiaires doivent respecter des règles de licence, de divulgation et de garde, avec une négociation via des courtiers agréés.
Le cadre étend la tokenisation à des actifs tels que l’immobilier et l’art, avec des marchés projetés à atteindre 367 000 milliards de wons d’ici 2030.
L’Assemblée nationale de la Corée du Sud a approuvé cette semaine, lors d’une session plénière à Séoul, des amendements légalisant les titres tokenisés. Le vote met à jour la loi sur les marchés des capitaux et la loi sur les valeurs mobilières électroniques. Les législateurs ont agi pour intégrer les titres basés sur la blockchain dans les marchés réglementés, en clarifiant l’émission, la négociation et la supervision selon les règles financières existantes.
Selon les lois modifiées, les titres tokenisés sont considérés comme des produits financiers légaux. Ceux-ci incluent des représentations numériques d’actions, d’obligations, de fonds et de contrats d’investissement. Le cadre place l’émission, la négociation et la garde sous la supervision de la Commission des services financiers et du Service de supervision financière.
Il est à noter que les intermédiaires doivent s’enregistrer et obtenir des licences avant d’opérer. Les émetteurs doivent respecter des exigences de divulgation standardisées. Les régulateurs ont également mis en place des mesures de protection des investisseurs pour lutter contre la fraude, la manipulation et les conflits d’intérêts.
La loi révisée sur les valeurs mobilières électroniques permet aux émetteurs qualifiés de créer des titres basés sur un registre. Par ailleurs, la loi sur les marchés des capitaux autorise la négociation via des courtiers agréés. Selon la FSC, cette structure soutient l’utilisation de contrats intelligents tout en restant compatible avec les systèmes de compensation existants.
Les projets de loi sont maintenant transmis au Conseil d’État et à la promulgation présidentielle. Les autorités ont fixé janvier 2027 comme date d’entrée en vigueur après une période de préparation d’un an.
Le nouveau cadre étend l’accès aux titres de contrats d’investissement non standard. Ceux-ci incluent des projets immobiliers, de l’art de valeur, et des actifs liés à l’élevage. Auparavant, des contraintes réglementaires limitaient la distribution de tels produits.
Cependant, la loi maintient des normes strictes de garde et de divulgation. Les régulateurs visent à assurer la transparence lors de l’émission, du règlement et de la tenue des registres. La structure permet aux instruments de capitaux propres et de dette d’adopter des formats tokenisés dans le cadre des règles existantes du marché des capitaux.
Le Boston Consulting Group estime que le marché des titres tokenisés en Corée du Sud pourrait atteindre 367 000 milliards de won, soit $249 milliards, d’ici 2030. Par ailleurs, Standard Chartered a prévu que les actifs réels tokenisés à l’échelle mondiale pourraient atteindre $2 trillions d’ici 2028.
La FSC dirigera la mise en œuvre en collaboration avec les agences de supervision et les acteurs du secteur. Un organisme de consultation coordonnera les systèmes de comptes basés sur un registre et les normes de garde. Les autorités ont prévu une première réunion de coordination pour le mois prochain.
Les bases réglementaires ont été posées plus tôt avec la publication d’orientations par la FSC en 2023. Depuis, les responsables ont travaillé à connecter l’infrastructure blockchain avec la finance traditionnelle. Des entreprises telles que Mirae Asset Securities et Hana Financial Group ont annoncé la préparation de leurs plateformes.
Par ailleurs, la Corée du Sud continue de rédiger la loi sur les actifs numériques de base. Les responsables considèrent les titres tokenisés comme des extensions réglementées des marchés des capitaux existants plutôt que comme des produits cryptographiques autonomes.