Les rivaux des taxis volants s'affrontent en justice : la contre-action d'Archer cible les opérations secrètes de Joby en Chine

L’industrie des taxis aériens électriques entre dans une nouvelle phase de compétition — et elle passe du ciel au tribunal. Dans une démarche juridique audacieuse déposée devant un tribunal fédéral en Californie, Archer Aviation a lancé une contre-poursuite contre Joby Aviation, alléguant une conduite grave qui va bien au-delà d’une simple rivalité commerciale. L’accusation principale : Joby aurait dissimulé des liens de fabrication profonds avec la Chine tout en se présentant comme un pionnier américain du taxi volant.

Les enjeux sont énormes. Selon les analystes du secteur, le marché des taxis aériens pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars d’ici 2040, et les deux entreprises se disputent leur part du gâteau. Avec la FAA et le Département des Transports qui approuvent simultanément leurs nouveaux programmes pilotes, cette bataille judiciaire menace de remodeler le paysage concurrentiel.

La connexion avec la Chine : la filiale et le réseau d’approvisionnement cachés de Joby

Au cœur des accusations d’Archer se trouve une revendication selon laquelle Joby exploiterait une filiale de fabrication à Shenzhen, en activité depuis plus d’une décennie. Selon la contre-poursuite, cette opération aurait reçu des subventions technologiques directes du gouvernement chinois — un détail que Archer affirme que Joby aurait délibérément caché au public. Mais les accusations vont plus loin, touchant aux pratiques de la chaîne d’approvisionnement.

Archer affirme que Joby aurait dissimulé des milliers de livres de pièces d’avion en provenance de Chine en les faisant passer pour des articles de consommation courante lors de l’importation. Selon les documents judiciaires, certains composants auraient été mal étiquetés comme des chaussettes, des serviettes en papier ou des pinces à cheveux — des biens apparemment ordinaires conçus pour contourner la surveillance tarifaire et réglementaire. Si ces accusations sont prouvées, cela représenterait un effort systématique pour dissimuler coûts et dépendances aux autorités.

De plus, la contre-poursuite d’Archer évoque des liens de Joby avec un fournisseur de batteries apparemment connecté au Parti communiste chinois, soulevant des enjeux de sécurité nationale. Archer affirme que Joby aurait effacé de son site web toute preuve de la filiale chinoise et aurait dissimulé ces partenariats aux régulateurs et investisseurs.

L’équipe juridique de Joby a rejeté catégoriquement ces accusations. L’avocat Alex Spiro a publié une déclaration qualifiant ces allégations de « nonsens » et réitérant que la société « ne répond pas aux absurdités ».

La riposte juridique : la réponse d’Archer aux accusations d’espionnage de Joby

Cette contre-poursuite marque le dernier épisode d’une guerre juridique en escalation. En novembre dernier, Joby avait lancé le conflit en déposant sa propre plainte, accusant Archer d’espionnage industriel. Selon la plainte de Joby, Archer aurait recruté un ancien employé de Joby qui aurait transféré des fichiers confidentiels contenant des stratégies commerciales, des détails de partenariats et des spécifications d’avions. Archer a catégoriquement nié toutes ces accusations et a déposé une motion en vue de leur rejet.

En position offensive, Archer demande des dommages-intérêts importants ordonnés par le tribunal et cherche à disqualifier Joby des programmes d’aviation fédéraux. La contre-poursuite soutient que Joby aurait systématiquement présenté une fausse image de lui-même aux régulateurs en se déclarant « fabriqué aux États-Unis » tout en dissimulant ses dépendances étrangères et ses vulnérabilités dans la chaîne d’approvisionnement. Pour une entreprise cherchant l’approbation de la FAA pour faire voler des passagers dans de grandes villes américaines, de telles incohérences pourraient être fatales.

Programmes de taxis aériens en jeu : initiatives fédérales dans un contexte juridique

Le timing de la contre-poursuite d’Archer est stratégiquement significatif — elle a été déposée le même jour où le Département des Transports américain a dévoilé huit nouvelles initiatives de subventions visant le développement de taxis aériens et de drones. Archer et Joby ont été nommés participants à trois de ces huit programmes, ce qui les positionne comme des favoris dans la révolution des taxis aériens.

La FAA a renforcé leur rôle en confirmant la participation des deux entreprises à des projets pilotes émergents de eVTOL (décollage et atterrissage vertical électrique). Ces initiatives couvrent trois régions : des vols de passagers à Manhattan, des routes régionales de taxis aériens au Texas, et des opérations de livraison de fret en Floride. Chacun constitue un terrain d’essai pour l’avenir de la mobilité aérienne urbaine.

La réaction du marché à ces annonces a été immédiate. Le jour même, les actions d’Archer ont augmenté de plus de 4 %, tandis que celles de Joby ont gagné plus de 5 % — les deux entreprises bénéficiant de la validation des autorités fédérales. Cependant, l’action en justice d’Archer menace de bouleverser cet optimisme, pouvant entraîner leur disqualification des programmes qu’ils sont censés développer.

Le contexte plus large est important. Les deux sociétés sont entrées en bourse via des opérations SPAC en 2021. Joby détient des contrats avec l’US Air Force et a annoncé son intention de lancer un service commercial de taxis aériens à Dubaï, avec des réservations via l’application Uber à partir de février 2026. Archer, quant à lui, est partenaire avec des promoteurs immobiliers pour un réseau de taxis aériens en Floride du Sud et a obtenu le contrat pour opérer en tant que fournisseur officiel de taxis aériens pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

Ces ambitions commerciales dépendent désormais en partie des résultats juridiques. Si les tribunaux trouvent du crédit dans les accusations d’Archer concernant ses liens avec la Chine, les régulateurs fédéraux pourraient être poussés à imposer de nouvelles restrictions ou exigences de conformité — ce qui pourrait remodeler la participation des entreprises dans le déploiement des taxis aériens dans les villes américaines.

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