Ces dernières années, les conflits géopolitiques mondiaux se sont intensifiés, allant de la guerre en Ukraine à la crise israélo-palestinienne. Ces conflits régionaux ne suscitent pas seulement des préoccupations humanitaires, mais ont également profondément modifié les stratégies de défense et la répartition des budgets militaires des différents pays. Contrairement aux formes traditionnelles de guerre, les conflits contemporains se tournent désormais vers des domaines technologiques avancés, tels que la guerre par drones, les missiles de précision, la guerre de l’information, etc. Cette évolution a directement stimulé les opportunités d’investissement dans les actions liées à l’armement. La Chine, Taïwan, les États-Unis et d’autres grandes nations ont récemment augmenté leurs budgets de défense, créant ainsi une dynamique de croissance sans précédent pour l’industrie de la défense.
Pourquoi s’intéresser aux actions d’armement ? La redéfinition du contexte géopolitique
Les actions d’armement désignent les sociétés cotées engagées dans l’industrie de la défense, couvrant aussi bien les grands systèmes d’armes que les équipements militaires plus petits. Toute entreprise dont la clientèle principale est constituée d’organismes gouvernementaux de défense appartient à cette catégorie. Au sens large, toute société ayant des relations commerciales directes ou indirectes avec le ministère de la Défense peut être considérée comme faisant partie du secteur de la défense.
Les conflits régionaux des dernières années ont mis en lumière une transformation cruciale : la victoire ou la défaite dans une guerre ne dépend plus uniquement de la taille des forces armées, mais davantage de l’avantage technologique et de l’innovation tactique. Cette prise de conscience a incité de nombreux pays à accélérer la recherche et le développement de drones, de missiles de précision et de technologies de guerre de l’information, dans le but d’améliorer leur efficacité militaire tout en réduisant les pertes humaines. Avec la tendance mondiale au vieillissement démographique, les pays privilégient de plus en plus l’investissement technologique plutôt que l’expansion de leur main-d’œuvre pour maintenir leur capacité de défense. Ce changement stratégique crée une demande stable pour les actions du secteur de l’armement.
Les règles clés pour choisir des actions d’armement : proportion de la défense et structure commerciale
Avant d’investir dans ces actions, il est essentiel de comprendre un indicateur clé : la part du chiffre d’affaires provenant de la défense, ou « ratio de la défense ». Si une entreprise tire une faible part de ses revenus de ses activités militaires, sa performance boursière risque de ne pas profiter pleinement du cycle haussier du secteur. Lors de l’évaluation, l’investisseur doit privilégier les sociétés dont la majorité des revenus provient de leur activité de défense.
Par ailleurs, la diversification de la structure commerciale de l’entreprise est également importante. Certaines sociétés opèrent à la fois sur les marchés civil et militaire. Lorsque la demande dans le secteur militaire est forte, si le secteur civil traverse une période difficile, la performance globale peut en pâtir. Un autre aspect à surveiller est la capacité d’adaptation future de l’entreprise : à mesure que la demande de défense se déplace du terrestre vers l’aérien et le naval, les fournisseurs d’équipements correspondants bénéficieront de davantage d’opportunités. Selon la situation géopolitique maritime, notamment sous l’influence des marines, la croissance future des commandes devrait se concentrer principalement dans les domaines de la défense aérienne et maritime.
Les leaders mondiaux de l’armement : les cinq principaux contractants de défense américains
Lockheed Martin (LMT) : un leader stable dans la technologie de défense
Lockheed Martin, l’un des plus grands contractants de défense aux États-Unis, couvre une large gamme d’activités, notamment les missiles, les systèmes spatiaux, les technologies de l’information et l’équipement maritime. Sur le long terme, son cours boursier affiche une tendance de croissance régulière, avec des corrections principalement dues à des ajustements du marché global plutôt qu’à une détérioration de ses fondamentaux. La société constitue une cible très pure dans le secteur de la défense, avec une part importante de ses revenus issus de la défense, ce qui lui permet de bénéficier pleinement de l’augmentation des dépenses militaires mondiales.
Raytheon Technologies (RTX) : un géant confronté à des défis à court terme hors secteur
Raytheon, autre acteur clé dans la défense américaine, traverse actuellement une période complexe. La société rencontre de graves difficultés dans ses activités civiles, notamment avec ses pièces détachées pour l’Airbus A320neo, en raison de défauts de conception entraînant des opérations de maintenance massives. Selon les prévisions du marché, dans les 3 à 4 prochaines années, environ 350 avions devront être inspectés chaque année, avec des cycles de maintenance pouvant durer jusqu’à 300 jours, ce qui érode la rentabilité de l’entreprise et expose à des risques juridiques et réputationnels. Bien que ses commandes militaires restent solides, la faiblesse de ses activités civiles pèse sur la performance globale de ses actions. Ce cas illustre qu’il ne faut pas se concentrer uniquement sur la défense, mais aussi évaluer soigneusement la performance des autres secteurs de l’entreprise.
Northrop Grumman (NOC) : le défenseur avec la barrière technologique la plus solide
Northrop Grumman, quatrième plus grand fabricant d’armement au monde, est aussi le plus grand fabricant de radars. C’est une véritable action d’armement, avec une forte rentabilité et une croissance régulière de ses dividendes, maintenus en augmentation depuis 18 ans. La société a récemment accéléré un programme de rachat d’actions de 500 millions de dollars, renforçant la confiance des actionnaires. Sa position technologique est en avance au niveau mondial, notamment dans le domaine de la « dissuasion stratégique », en collaboration avec l’armée américaine, couvrant des technologies de l’espace, des missiles et des communications. Même en l’absence de conflit armé, la sécurité nationale pousse de nombreux pays à continuer d’accroître leurs investissements en défense, ce qui garantit la croissance à long terme des actions d’armement. Grâce à sa barrière technologique et à ses flux de trésorerie stables, Northrop Grumman reste une option privilégiée pour l’investissement à long terme.
General Dynamics (GD) : un conglomérat de défense à dividendes stables
General Dynamics, l’un des cinq principaux fournisseurs militaires américains, couvre les équipements pour la marine, l’armée de l’air et l’armée de terre, tout en produisant des jets d’affaires haut de gamme avec la gamme Gulfstream. Bien que sa part dans la défense soit moins pure que celle de Northrop, sa division civile est peu sensible aux cycles économiques, ce qui lui confère une stabilité de revenus. Même lors de crises majeures comme celles de 2008 ou de 2020, ses bénéfices ont peu fluctué. Avec une base de revenus diversifiée (25 % civil, 23 % naval, 22 % sécurité nationale, 18 % armement, 12 % services), elle a maintenu une croissance continue de ses dividendes depuis 32 ans, une performance rare parmi les sociétés cotées américaines. Sa structure de revenus lui permet de continuer à croître, même si à un rythme plus modéré que les entreprises high-tech, grâce à la longue durée de vie de ses avions et équipements militaires, et à ses efforts de maîtrise des coûts. Son programme de rachat d’actions renforce également la confiance des investisseurs, faisant de GD une valeur sûre avec une barrière concurrentielle solide.
Boeing (BA) : la puissance militaire face aux difficultés du civil
Boeing, le plus grand constructeur mondial d’avions commerciaux (en concurrence avec Airbus), est aussi un important fournisseur militaire américain, avec des produits phares comme le B-52 et l’hélicoptère Apache. Cependant, la chute de son cours a été principalement causée par la crise de son secteur civil. La série 737 MAX a été suspendue après deux accidents en 2018 et 2019, puis a été fortement impactée par la pandémie, entraînant une baisse drastique de ses profits. La montée de nouveaux concurrents, notamment en Chine avec des avions commerciaux en expansion, pourrait également remettre en question sa position de leader. À l’avenir, la division militaire devrait continuer à croître, mais le secteur civil reste incertain. Pour les investisseurs en actions d’armement, Boeing constitue plutôt une opportunité d’achat lors des corrections, plutôt qu’un achat à la hausse.
Caterpillar (CAT) : un fabricant d’équipements sous l’angle du concept large d’armement
Caterpillar, souvent considéré comme une action d’armement, ne tire qu’une part minoritaire de ses revenus (moins de 30 %) de la défense, son cœur de métier restant la fabrication d’équipements industriels. Sa relation avec le secteur de l’armement est donc faible, ses performances dépendant principalement des investissements publics dans les infrastructures et de la demande en matières premières. En ce sens, elle dépasse la simple définition d’action de défense. D’autres entreprises à la frontière floue, comme FedEx (logistique militaire) ou des fabricants de matériel militaire léger, peuvent également être considérées comme liées à l’armement, à condition que leur clientèle principale soit constituée d’organismes de défense ou de gouvernements. Si la majorité de leurs clients sont des entités militaires ou gouvernementales, même si leurs produits ne sont pas directement des armes, elles peuvent être intégrées dans le secteur de l’armement.
Actions d’armement en Taïwan : bénéficiaires locaux des dynamiques géopolitiques
La situation dans le détroit de Taïwan est devenue un enjeu géopolitique mondial. La hausse continue des budgets de défense des deux côtés du détroit attire l’attention du marché. L’industrie locale taïwanaise de la défense connaît également de nouvelles opportunités.
Thunder Tiger (8033.TW) : bénéficiaire de la montée en puissance des drones
Thunder Tiger, initialement fabricant de modèles réduits, s’est spécialisé dans le marché des drones militaires. Depuis 2022, son cours a connu une forte hausse, en lien avec la demande croissante pour les drones de combat. La société est désormais un acteur à suivre pour ses perspectives de croissance à long terme.
Hanxiang (2634.TW) : un acteur à croissance stable grâce à sa double activité
Hanxiang, dont le modèle économique est similaire à celui de Boeing, opère à la fois dans la défense et le civil. Sa division civile se concentre sur la maintenance et la vente de pièces détachées pour avions, tandis que sa branche militaire développe principalement des avions d’entraînement. La demande a augmenté récemment grâce à l’expansion du marché des drones et à la reprise du transport aérien post-pandémie. Contrairement à Raytheon ou Boeing, qui rencontrent des difficultés liées à leurs produits phares, Hanxiang bénéficie d’une diversification plus forte. La stabilité de ses revenus dans la maintenance et la réparation, qui ne dépend pas d’un seul produit, lui confère une certaine résilience. Son cours est donc plus stable, ce qui en fait une option attractive pour l’investissement.
La logique d’investissement dans l’armement : pourquoi saisir cette opportunité maintenant ?
La stratégie d’investissement dans l’armement peut s’appuyer sur le cadre classique de Warren Buffett : des entreprises de qualité doivent disposer d’un « avantage concurrentiel durable » (moat), d’un « long horizon de croissance » (long runway) et d’un « potentiel de croissance » (growth). Le secteur de la défense répond parfaitement à ces critères.
Premièrement, les actions d’armement offrent une « voie de croissance infinie » : l’histoire de l’humanité est celle des conflits, et ceux-ci ne cesseront jamais totalement. La demande de défense sera donc toujours présente, ce qui garantit une trajectoire de croissance longue et stable.
Deuxièmement, ces actions disposent du « moat » le plus profond du secteur. La technologie militaire représente le sommet de la R&D humaine, car les innovations les plus avancées sont d’abord appliquées à la défense. La barrière à l’entrée est très élevée : il faut des décennies pour établir une relation de confiance avec les gouvernements, et de nombreux brevets et technologies sont exclusifs. Cette barrière crée une position de leader difficile à déloger, renforçant la solidité du « moat ».
Enfin, le contexte géopolitique mondial accélère la dynamique de croissance. La fin de la mondialisation, la montée des tensions régionales, la politique « America First » de Trump, renforcent la priorité donnée à la souveraineté nationale et à la capacité de défense. La probabilité de réductions drastiques des budgets militaires est très faible, ce qui assure une croissance continue pour l’industrie de la défense.
Comment faire des choix judicieux dans l’investissement en armement ?
Malgré un contexte global favorable, il ne faut pas investir aveuglément. La clé est d’identifier précisément la part de la chiffre d’affaires provenant de la défense. Beaucoup d’entreprises sont classées dans le secteur de l’armement, mais leur activité militaire ne représente qu’une petite fraction de leurs revenus, ce qui limite leur potentiel de profiter du cycle haussier. Il est également crucial d’évaluer le risque lié à leur activité civile : si cette dernière rencontre des difficultés, la performance globale peut en pâtir, comme dans le cas de Raytheon ou Boeing.
Avant d’investir, il faut analyser la santé financière de l’entreprise, la part de ses revenus issus de la défense, la tendance du secteur, ainsi que la situation géopolitique mondiale. La bonne nouvelle, c’est que les entreprises de défense ont généralement peu de risques de faillite, car leurs principaux clients sont les gouvernements, qui leur font confiance sur le long terme. Ce soutien institutionnel renforce la valeur d’investissement à long terme des actions d’armement.
En définitive, choisir des actions d’armement de qualité, c’est non seulement rechercher la rentabilité, mais aussi saisir une opportunité stratégique liée aux dynamiques géopolitiques mondiales. Dans le contexte actuel, l’industrie de la défense est à un tournant historique de croissance, et les investisseurs avisés doivent anticiper et se positionner sur cette tendance durable.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
Opportunités d'investissement dans les actions d'armement : la vague de croissance impulsée par les dépenses mondiales en défense
Ces dernières années, les conflits géopolitiques mondiaux se sont intensifiés, allant de la guerre en Ukraine à la crise israélo-palestinienne. Ces conflits régionaux ne suscitent pas seulement des préoccupations humanitaires, mais ont également profondément modifié les stratégies de défense et la répartition des budgets militaires des différents pays. Contrairement aux formes traditionnelles de guerre, les conflits contemporains se tournent désormais vers des domaines technologiques avancés, tels que la guerre par drones, les missiles de précision, la guerre de l’information, etc. Cette évolution a directement stimulé les opportunités d’investissement dans les actions liées à l’armement. La Chine, Taïwan, les États-Unis et d’autres grandes nations ont récemment augmenté leurs budgets de défense, créant ainsi une dynamique de croissance sans précédent pour l’industrie de la défense.
Pourquoi s’intéresser aux actions d’armement ? La redéfinition du contexte géopolitique
Les actions d’armement désignent les sociétés cotées engagées dans l’industrie de la défense, couvrant aussi bien les grands systèmes d’armes que les équipements militaires plus petits. Toute entreprise dont la clientèle principale est constituée d’organismes gouvernementaux de défense appartient à cette catégorie. Au sens large, toute société ayant des relations commerciales directes ou indirectes avec le ministère de la Défense peut être considérée comme faisant partie du secteur de la défense.
Les conflits régionaux des dernières années ont mis en lumière une transformation cruciale : la victoire ou la défaite dans une guerre ne dépend plus uniquement de la taille des forces armées, mais davantage de l’avantage technologique et de l’innovation tactique. Cette prise de conscience a incité de nombreux pays à accélérer la recherche et le développement de drones, de missiles de précision et de technologies de guerre de l’information, dans le but d’améliorer leur efficacité militaire tout en réduisant les pertes humaines. Avec la tendance mondiale au vieillissement démographique, les pays privilégient de plus en plus l’investissement technologique plutôt que l’expansion de leur main-d’œuvre pour maintenir leur capacité de défense. Ce changement stratégique crée une demande stable pour les actions du secteur de l’armement.
Les règles clés pour choisir des actions d’armement : proportion de la défense et structure commerciale
Avant d’investir dans ces actions, il est essentiel de comprendre un indicateur clé : la part du chiffre d’affaires provenant de la défense, ou « ratio de la défense ». Si une entreprise tire une faible part de ses revenus de ses activités militaires, sa performance boursière risque de ne pas profiter pleinement du cycle haussier du secteur. Lors de l’évaluation, l’investisseur doit privilégier les sociétés dont la majorité des revenus provient de leur activité de défense.
Par ailleurs, la diversification de la structure commerciale de l’entreprise est également importante. Certaines sociétés opèrent à la fois sur les marchés civil et militaire. Lorsque la demande dans le secteur militaire est forte, si le secteur civil traverse une période difficile, la performance globale peut en pâtir. Un autre aspect à surveiller est la capacité d’adaptation future de l’entreprise : à mesure que la demande de défense se déplace du terrestre vers l’aérien et le naval, les fournisseurs d’équipements correspondants bénéficieront de davantage d’opportunités. Selon la situation géopolitique maritime, notamment sous l’influence des marines, la croissance future des commandes devrait se concentrer principalement dans les domaines de la défense aérienne et maritime.
Les leaders mondiaux de l’armement : les cinq principaux contractants de défense américains
Lockheed Martin (LMT) : un leader stable dans la technologie de défense
Lockheed Martin, l’un des plus grands contractants de défense aux États-Unis, couvre une large gamme d’activités, notamment les missiles, les systèmes spatiaux, les technologies de l’information et l’équipement maritime. Sur le long terme, son cours boursier affiche une tendance de croissance régulière, avec des corrections principalement dues à des ajustements du marché global plutôt qu’à une détérioration de ses fondamentaux. La société constitue une cible très pure dans le secteur de la défense, avec une part importante de ses revenus issus de la défense, ce qui lui permet de bénéficier pleinement de l’augmentation des dépenses militaires mondiales.
Raytheon Technologies (RTX) : un géant confronté à des défis à court terme hors secteur
Raytheon, autre acteur clé dans la défense américaine, traverse actuellement une période complexe. La société rencontre de graves difficultés dans ses activités civiles, notamment avec ses pièces détachées pour l’Airbus A320neo, en raison de défauts de conception entraînant des opérations de maintenance massives. Selon les prévisions du marché, dans les 3 à 4 prochaines années, environ 350 avions devront être inspectés chaque année, avec des cycles de maintenance pouvant durer jusqu’à 300 jours, ce qui érode la rentabilité de l’entreprise et expose à des risques juridiques et réputationnels. Bien que ses commandes militaires restent solides, la faiblesse de ses activités civiles pèse sur la performance globale de ses actions. Ce cas illustre qu’il ne faut pas se concentrer uniquement sur la défense, mais aussi évaluer soigneusement la performance des autres secteurs de l’entreprise.
Northrop Grumman (NOC) : le défenseur avec la barrière technologique la plus solide
Northrop Grumman, quatrième plus grand fabricant d’armement au monde, est aussi le plus grand fabricant de radars. C’est une véritable action d’armement, avec une forte rentabilité et une croissance régulière de ses dividendes, maintenus en augmentation depuis 18 ans. La société a récemment accéléré un programme de rachat d’actions de 500 millions de dollars, renforçant la confiance des actionnaires. Sa position technologique est en avance au niveau mondial, notamment dans le domaine de la « dissuasion stratégique », en collaboration avec l’armée américaine, couvrant des technologies de l’espace, des missiles et des communications. Même en l’absence de conflit armé, la sécurité nationale pousse de nombreux pays à continuer d’accroître leurs investissements en défense, ce qui garantit la croissance à long terme des actions d’armement. Grâce à sa barrière technologique et à ses flux de trésorerie stables, Northrop Grumman reste une option privilégiée pour l’investissement à long terme.
General Dynamics (GD) : un conglomérat de défense à dividendes stables
General Dynamics, l’un des cinq principaux fournisseurs militaires américains, couvre les équipements pour la marine, l’armée de l’air et l’armée de terre, tout en produisant des jets d’affaires haut de gamme avec la gamme Gulfstream. Bien que sa part dans la défense soit moins pure que celle de Northrop, sa division civile est peu sensible aux cycles économiques, ce qui lui confère une stabilité de revenus. Même lors de crises majeures comme celles de 2008 ou de 2020, ses bénéfices ont peu fluctué. Avec une base de revenus diversifiée (25 % civil, 23 % naval, 22 % sécurité nationale, 18 % armement, 12 % services), elle a maintenu une croissance continue de ses dividendes depuis 32 ans, une performance rare parmi les sociétés cotées américaines. Sa structure de revenus lui permet de continuer à croître, même si à un rythme plus modéré que les entreprises high-tech, grâce à la longue durée de vie de ses avions et équipements militaires, et à ses efforts de maîtrise des coûts. Son programme de rachat d’actions renforce également la confiance des investisseurs, faisant de GD une valeur sûre avec une barrière concurrentielle solide.
Boeing (BA) : la puissance militaire face aux difficultés du civil
Boeing, le plus grand constructeur mondial d’avions commerciaux (en concurrence avec Airbus), est aussi un important fournisseur militaire américain, avec des produits phares comme le B-52 et l’hélicoptère Apache. Cependant, la chute de son cours a été principalement causée par la crise de son secteur civil. La série 737 MAX a été suspendue après deux accidents en 2018 et 2019, puis a été fortement impactée par la pandémie, entraînant une baisse drastique de ses profits. La montée de nouveaux concurrents, notamment en Chine avec des avions commerciaux en expansion, pourrait également remettre en question sa position de leader. À l’avenir, la division militaire devrait continuer à croître, mais le secteur civil reste incertain. Pour les investisseurs en actions d’armement, Boeing constitue plutôt une opportunité d’achat lors des corrections, plutôt qu’un achat à la hausse.
Caterpillar (CAT) : un fabricant d’équipements sous l’angle du concept large d’armement
Caterpillar, souvent considéré comme une action d’armement, ne tire qu’une part minoritaire de ses revenus (moins de 30 %) de la défense, son cœur de métier restant la fabrication d’équipements industriels. Sa relation avec le secteur de l’armement est donc faible, ses performances dépendant principalement des investissements publics dans les infrastructures et de la demande en matières premières. En ce sens, elle dépasse la simple définition d’action de défense. D’autres entreprises à la frontière floue, comme FedEx (logistique militaire) ou des fabricants de matériel militaire léger, peuvent également être considérées comme liées à l’armement, à condition que leur clientèle principale soit constituée d’organismes de défense ou de gouvernements. Si la majorité de leurs clients sont des entités militaires ou gouvernementales, même si leurs produits ne sont pas directement des armes, elles peuvent être intégrées dans le secteur de l’armement.
Actions d’armement en Taïwan : bénéficiaires locaux des dynamiques géopolitiques
La situation dans le détroit de Taïwan est devenue un enjeu géopolitique mondial. La hausse continue des budgets de défense des deux côtés du détroit attire l’attention du marché. L’industrie locale taïwanaise de la défense connaît également de nouvelles opportunités.
Thunder Tiger (8033.TW) : bénéficiaire de la montée en puissance des drones
Thunder Tiger, initialement fabricant de modèles réduits, s’est spécialisé dans le marché des drones militaires. Depuis 2022, son cours a connu une forte hausse, en lien avec la demande croissante pour les drones de combat. La société est désormais un acteur à suivre pour ses perspectives de croissance à long terme.
Hanxiang (2634.TW) : un acteur à croissance stable grâce à sa double activité
Hanxiang, dont le modèle économique est similaire à celui de Boeing, opère à la fois dans la défense et le civil. Sa division civile se concentre sur la maintenance et la vente de pièces détachées pour avions, tandis que sa branche militaire développe principalement des avions d’entraînement. La demande a augmenté récemment grâce à l’expansion du marché des drones et à la reprise du transport aérien post-pandémie. Contrairement à Raytheon ou Boeing, qui rencontrent des difficultés liées à leurs produits phares, Hanxiang bénéficie d’une diversification plus forte. La stabilité de ses revenus dans la maintenance et la réparation, qui ne dépend pas d’un seul produit, lui confère une certaine résilience. Son cours est donc plus stable, ce qui en fait une option attractive pour l’investissement.
La logique d’investissement dans l’armement : pourquoi saisir cette opportunité maintenant ?
La stratégie d’investissement dans l’armement peut s’appuyer sur le cadre classique de Warren Buffett : des entreprises de qualité doivent disposer d’un « avantage concurrentiel durable » (moat), d’un « long horizon de croissance » (long runway) et d’un « potentiel de croissance » (growth). Le secteur de la défense répond parfaitement à ces critères.
Premièrement, les actions d’armement offrent une « voie de croissance infinie » : l’histoire de l’humanité est celle des conflits, et ceux-ci ne cesseront jamais totalement. La demande de défense sera donc toujours présente, ce qui garantit une trajectoire de croissance longue et stable.
Deuxièmement, ces actions disposent du « moat » le plus profond du secteur. La technologie militaire représente le sommet de la R&D humaine, car les innovations les plus avancées sont d’abord appliquées à la défense. La barrière à l’entrée est très élevée : il faut des décennies pour établir une relation de confiance avec les gouvernements, et de nombreux brevets et technologies sont exclusifs. Cette barrière crée une position de leader difficile à déloger, renforçant la solidité du « moat ».
Enfin, le contexte géopolitique mondial accélère la dynamique de croissance. La fin de la mondialisation, la montée des tensions régionales, la politique « America First » de Trump, renforcent la priorité donnée à la souveraineté nationale et à la capacité de défense. La probabilité de réductions drastiques des budgets militaires est très faible, ce qui assure une croissance continue pour l’industrie de la défense.
Comment faire des choix judicieux dans l’investissement en armement ?
Malgré un contexte global favorable, il ne faut pas investir aveuglément. La clé est d’identifier précisément la part de la chiffre d’affaires provenant de la défense. Beaucoup d’entreprises sont classées dans le secteur de l’armement, mais leur activité militaire ne représente qu’une petite fraction de leurs revenus, ce qui limite leur potentiel de profiter du cycle haussier. Il est également crucial d’évaluer le risque lié à leur activité civile : si cette dernière rencontre des difficultés, la performance globale peut en pâtir, comme dans le cas de Raytheon ou Boeing.
Avant d’investir, il faut analyser la santé financière de l’entreprise, la part de ses revenus issus de la défense, la tendance du secteur, ainsi que la situation géopolitique mondiale. La bonne nouvelle, c’est que les entreprises de défense ont généralement peu de risques de faillite, car leurs principaux clients sont les gouvernements, qui leur font confiance sur le long terme. Ce soutien institutionnel renforce la valeur d’investissement à long terme des actions d’armement.
En définitive, choisir des actions d’armement de qualité, c’est non seulement rechercher la rentabilité, mais aussi saisir une opportunité stratégique liée aux dynamiques géopolitiques mondiales. Dans le contexte actuel, l’industrie de la défense est à un tournant historique de croissance, et les investisseurs avisés doivent anticiper et se positionner sur cette tendance durable.