Analyse de la tendance du franc suisse : perspectives d'investissement dans un environnement de refuge mondial

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L’évolution du franc suisse reste constamment sous le regard du marché. Grâce à sa position de pays neutre et à sa stabilité politique et économique, la monnaie suisse (CHF) est depuis longtemps considérée comme un actif refuge important. Lors de la crise financière de 2007-2008 et de la crise de la dette européenne 2011-2012, le franc suisse a démontré une forte résistance à la baisse. Alors, dans le contexte actuel de changement de la configuration économique mondiale, comment la tendance du franc suisse va-t-elle évoluer ?

Pourquoi le franc suisse est-il devenu le choix numéro un en tant qu’actif refuge ?

La position particulière de la Suisse détermine l’unicité de sa monnaie. En tant que pays neutre permanent, la Suisse est éloignée des principaux conflits politiques européens, et sa régulation financière prudente ainsi que ses fondamentaux économiques solides offrent un appui robuste à la valeur du franc suisse.

Lorsque la préférence pour le risque mondial diminue, les capitaux ont tendance à affluer vers des monnaies à faible risque comme le CHF. En période de tensions géopolitiques ou de tensions commerciales accrues, les investisseurs préfèrent déplacer leurs fonds des actifs risqués vers des actifs sûrs, faisant du franc suisse une valeur refuge privilégiée. Cette caractéristique établit une relation inverse entre la tendance du franc suisse et le sentiment de risque global — plus le risque est élevé, plus le franc s’apprécie ; plus la situation est stable, plus il subit une pression à la baisse.

Les facteurs clés influençant la volatilité du taux de change

Le rôle crucial de la politique de la banque centrale

La Banque nationale suisse (BNS) est le principal acteur influençant le taux de change du franc suisse. Au cours des deux dernières années, la BNS a opéré un changement de politique, passant d’une hausse des taux à une baisse, principalement en réponse à la diminution des pressions inflationnistes et à l’augmentation de l’incertitude économique mondiale.

Concrètement, au milieu de l’année dernière, la BNS a abaissé son taux directeur à zéro, ce qui a été la première fois depuis la fin de la période de taux négatifs fin 2022. La logique profonde de cette baisse est de soulager la pression de l’appréciation du franc suisse en tant que valeur refuge — lorsque le franc s’apprécie excessivement, cela nuit à la compétitivité des exportations suisses, et la banque centrale est contrainte de baisser ses taux pour déprécier modérément sa monnaie.

Le marché est extrêmement sensible aux politiques de la banque centrale. L’événement du « Swiss franc black swan » en 2015 en est une illustration claire : lorsque la SNB a soudainement annoncé la fin de sa limite de l’euro, le franc a bondi de plus de 20 % en une journée, provoquant une onde de choc sur le marché. Après cet épisode, le marché surveille de près chaque mouvement de la banque centrale suisse.

Dans un environnement de marché relativement stable, la BNS adopte généralement une posture passive, évitant une intervention excessive. Mais dès que le sentiment de risque change nettement et que de grands flux de capitaux se produisent, les investisseurs doivent être prêts à faire face à l’action « tangible » de la banque centrale.

L’impact profond de la conjoncture économique mondiale

En tant que valeur refuge naturelle, la valeur du franc suisse est intrinsèquement liée aux perspectives économiques mondiales. Selon le Fonds monétaire international, la croissance mondiale du PIB devrait ralentir à environ 2,8 % dans les années à venir, ce qui accentuera la demande des investisseurs pour des actifs sûrs.

L’incertitude autour des politiques commerciales constitue actuellement le principal facteur de perturbation. L’intensification des droits de douane aggrave directement les tensions commerciales mondiales, favorisant l’afflux de capitaux vers des actifs refuges comme le CHF. Cela crée un cercle vertueux : tensions commerciales → augmentation de la demande de sécurité → appréciation du franc suisse.

Les effets indirects de la situation politique régionale

Le franc suisse est particulièrement sensible à la situation politique en Europe. Lorsqu’un grand bouleversement politique ou une crise économique survient en Europe, les investisseurs ont tendance à transférer leurs fonds de l’euro vers le franc suisse, renforçant ainsi la tendance à l’appréciation du franc. À l’inverse, si la stabilité politique et économique en Europe s’améliore, le potentiel d’appréciation du franc suisse sera limité.

La politique de la banque centrale et les prévisions techniques

Perspectives du dollar américain face au franc suisse

Au cours de l’année écoulée, le taux de change USD/CHF a connu une correction significative. Après avoir atteint un sommet en début d’année, il a reculé pour atteindre son niveau actuel, reflétant une pression à la hausse sur le franc par rapport au dollar. Selon les prévisions du marché, le dollar pourrait continuer à subir une pression à la baisse face au franc dans la période à venir, le sentiment général étant plutôt baissier pour cette paire.

Dans ce contexte baissier, si la préférence pour le risque mondial continue de se détériorer, le USD/CHF pourrait encore baisser. Cependant, tout changement dans la politique de la Fed pourrait inverser cette tendance.

La dynamique de l’euro face au franc suisse

L’évolution de l’euro/CHF est plus complexe, car elle dépend de deux variables : la force de l’euro et l’appréciation du franc suisse.

En période de relative stabilité, une amélioration des données économiques de la zone euro (comme la remontée de l’inflation) ou un ralentissement de la baisse des taux de la BCE tendent à renforcer l’euro, faisant monter la paire EUR/CHF. Mais si la demande de sécurité pour le franc s’accroît ou si de nouveaux risques mondiaux apparaissent, l’euro/CHF pourrait casser à la baisse, voire descendre sous 0,90.

L’essentiel ici est que la paire EUR/CHF reflète davantage la force relative de la région que la tendance absolue.

La relation entre le franc suisse et l’or

En tant qu’actifs de refuge, le franc suisse et l’or sont souvent comparés par les investisseurs. Sur le plan fondamental, la réserve d’or de la Suisse, d’environ 1 040 tonnes, est parmi les plus importantes au monde, et par habitant, elle est exceptionnelle.

Cependant, il faut distinguer l’or, métal précieux et produit tangible, de la monnaie qu’est le franc suisse, qui est un actif purement monétaire. Bien que tous deux soient des actifs refuges, ils ne sont pas totalement interchangeables.

Historiquement, en période de stabilité, le franc suisse a tendance à suivre d’autres monnaies non américaines, avec une corrélation limitée avec le prix de l’or. Mais en période de panique, le franc et l’or montrent une forte corrélation : après la crise financière, ces deux actifs ont connu une hausse marquée, culminant vers 2011.

Cela montre qu’en période de forte aversion au risque, l’or et le franc suisse deviennent des choix privilégiés pour la protection du capital, même si leurs mécanismes de déclenchement diffèrent.

Comparaison des tendances de différentes paires de devises

La tendance à long terme du dollar/CHF

Au cours de l’année écoulée, le franc suisse s’est apprécié de plus de 10 % face au dollar, illustrant la forte performance du CHF dans un contexte de montée de l’aversion au risque mondiale. Cette hausse s’est concentrée au printemps, lorsque les tensions commerciales internationales se sont intensifiées, provoquant un afflux massif vers les actifs refuges.

Selon le consensus du marché, cette paire pourrait continuer à subir une pression à la baisse, principalement si la préférence pour le risque mondial continue de se détériorer.

La dynamique complexe de l’euro/CHF

L’EUR/CHF est plus volatile. Lorsqu’une politique dovish de la BCE (tendant à la baisse des taux) ou un ralentissement de la croissance en zone euro se manifeste, l’euro s’affaiblit, ce qui tire la paire vers le bas. La volonté d’intervention de la Suisse ou la perception du risque global influencent également fortement cette paire.

Les prévisions actuelles indiquent qu’une amélioration inattendue de l’économie eurozone, notamment des données d’inflation, pourrait soutenir l’euro. Mais si la demande de sécurité pour le franc s’intensifie ou si de nouveaux risques apparaissent, la paire pourrait continuer à baisser.

Comment les investisseurs particuliers peuvent-ils participer ?

Pour les investisseurs particuliers, plusieurs options s’offrent pour investir dans le franc suisse, chacune avec ses avantages et inconvénients :

Canal bancaire : méthode la plus traditionnelle, incluant l’échange de cash ou les dépôts à terme en devises. Cependant, les spreads bancaires sont élevés, la liquidité limitée, et cette méthode convient surtout à l’investissement à très long terme.

Trading à terme (futures) : offre une meilleure efficacité. En passant par la plus grande bourse de contrats à terme, les investisseurs peuvent utiliser l’effet de levier et faire des opérations longues ou courtes. Mais les contrats à terme ont une échéance, et la détention à long terme nécessite des roulements, ce qui engendre des coûts et une complexité supplémentaires.

CFD sur devises au comptant : la méthode la plus populaire pour les particuliers depuis une décennie. Comparé aux futures, le trading CFD nécessite moins de marge, permet de conserver des positions indéfiniment (sans roulement), et offre une flexibilité horaire. Que ce soit le USD/CHF ou l’EUR/CHF, les investisseurs peuvent choisir librement.

La gestion des risques : une nécessité

Investir dans le franc suisse comporte des risques. Une volte-face soudaine de la politique de la banque centrale (comme en 2015) peut entraîner une forte volatilité ; une crise de liquidité mondiale peut impacter le taux de change ; une escalade rapide des tensions géopolitiques peut augmenter la volatilité.

Ainsi, quel que soit le mode d’investissement, il est essentiel de :

  • Définir des niveaux de stop-loss raisonnables
  • Éviter l’utilisation excessive de levier
  • Surveiller attentivement les annonces de la banque centrale
  • Ajuster ses positions en fonction du calendrier économique mondial

Conclusion et perspectives

L’évolution du franc suisse reflète fondamentalement le changement de la préférence au risque global. Dans les années à venir, compte tenu du ralentissement de la croissance mondiale, de l’augmentation des risques géopolitiques et de l’incertitude sur la politique monétaire, le franc suisse pourrait renforcer son rôle en tant qu’outil de couverture.

Investir dans le franc suisse revient essentiellement à adopter une stratégie de gestion des risques, permettant de protéger ses actifs en période de turbulence. Si l’on reste prudent face aux grandes tendances, le franc suisse devrait constituer une composante essentielle d’un portefeuille. Par ailleurs, il est crucial pour les investisseurs d’adapter leur mode de participation à leur profil de risque et de rester vigilants face à d’éventuels retournements de marché.

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